Pompe à chaleur eau/eau : la géothermie sur nappe, rendement maximal sous conditions

Schéma d’une pompe à chaleur eau/eau : un puits de captage et un puits de rejet dans la nappe phréatique Pompe à chaleur eau/eau (sur nappe) Nappe phréatique, 10 à 14 °C toute l’année PAC intérieurePuits de captagePuits de rejet
L’eau de la nappe est captée, refroidie de quelques degrés et rejetée en aval.

Chiffres relus le 11 septembre 2026. La pompe à chaleur eau/eau (ou « sur nappe ») pompe l’eau d’une nappe phréatique, lui prélève quelques degrés dans un échangeur, puis la rejette dans la même nappe par un second forage. L’eau souterraine se tient toute l’année entre 10 et 14 °C selon les régions : la machine travaille dans des conditions idéales, hiver comme été. C’est une géothermie ; elle en partage les aides, et elle en ajoute les contraintes propres à l’eau.

En bref

Pour quel logementMaison au-dessus d’une nappe accessible, avec un circuit d’eau (radiateurs, plancher) et de la place pour deux forages
Ce qu’elle produitChauffage, eau chaude sanitaire, rafraîchissement passif sur certains modèles
MaPrimeRénov’Barème de la géothermie : jusqu’à 11 000 €, 9 000 € ou 6 000 € selon les revenus
Prime CEEOui, fiche BAR-TH-172 (PAC de type eau/eau ou sol/eau), en remplacement d’une chaudière charbon, fioul ou gaz
TVA5,5 %
Ordre de prixComparable à la géothermie sur sondes, forages compris : voir notre guide des prix

Comment elle fonctionne

Un puits de captage équipé d’une pompe immergée remonte l’eau vers un échangeur à plaques ; la PAC y prélève la chaleur, puis l’eau repart par un puits de rejet situé en aval du sens d’écoulement de la nappe, à une distance suffisante pour ne pas refroidir l’eau captée. Comme le sol reste chaud, il n’y a ni dégivrage ni chute de puissance par grand froid, et le rendement saisonnier est le plus élevé des pompes à chaleur. En été, certains modèles rafraîchissent la maison en faisant simplement circuler l’eau de nappe dans le plancher.

Pour quelle maison

  • Une nappe peu profonde et abondante : c’est la condition première, que seule une étude hydrogéologique confirme. Un puits existant sur le terrain est un bon signe, pas une preuve.
  • Une eau de qualité : fer, manganèse, calcaire ou sable encrassent l’échangeur. L’analyse d’eau fait partie de l’étude ; un échangeur intermédiaire peut protéger la PAC.
  • Un projet de long terme en zone froide ou sur une grande maison, où le rendement supérieur compense le coût des forages.

Sans nappe exploitable, la géothermie sur sondes offre des performances proches ; sans terrain du tout, l’air/eau reste la réponse.

Les autorisations

  • Déclaration en mairie de tout prélèvement d’eau souterraine à usage domestique, avant les travaux.
  • Géothermie de minime importance : les forages relèvent d’une déclaration en ligne, dans les zones où la carte réglementaire l’autorise ; certaines zones exigent l’avis d’un expert agréé.
  • Foreur qualifié : le forage d’eau et la réinjection obéissent à des règles techniques ; exigez un foreur qualifié et assuré.

Les aides en 2026

AideMontant ou tauxCondition principale
MaPrimeRénov’ (PAC géothermique)11 000 € (bleu), 9 000 € (jaune), 6 000 € (violet), 0 € (rose)Logement de plus de 15 ans, résidence principale, installateur RGE, dépense plafonnée à 18 000 €
Prime CEE (fiche BAR-TH-172)Selon l’offre du fournisseur, bonifiée en sortie de chaudière fossileRemplacement d’une chaudière charbon, fioul ou gaz
TVA réduite5,5 %Logement de plus de 2 ans
Écrêtement90 %, 75 % ou 60 % de la dépenseCumul MaPrimeRénov’ et CEE

Les points de vigilance

  • Le débit disponible : la PAC a besoin d’un débit d’eau continu et suffisant ; un puits qui s’épuise en fin d’hiver arrête le chauffage.
  • La pompe immergée : elle consomme de l’électricité et s’use ; son coût d’exploitation fait partie du calcul de rendement réel.
  • L’encrassement : analyse d’eau avant, filtre et échangeur démontable après.
  • L’entretien : tous les deux ans pour la PAC (décret du 28 juillet 2020), plus le contrôle des puits et de la pompe.

À vérifier sur le devis

  1. L’étude hydrogéologique : profondeur de la nappe, débit d’essai, analyse d’eau.
  2. Le nombre, la profondeur et l’écartement des forages, avec l’assurance du foreur.
  3. La présence d’un échangeur intermédiaire si l’eau est chargée.
  4. La puissance de la PAC, son ETAS, et la puissance de la pompe immergée.
  5. La qualification RGE de l’installateur pour la géothermie, à vérifier selon notre guide.

Sources

Questions fréquentes

Comment savoir si une nappe est exploitable sous ma maison ?

Par une étude hydrogéologique : profondeur de la nappe, débit d’essai sur un forage de reconnaissance, analyse d’eau. Un puits existant est un indice, pas une preuve de débit suffisant.

L’eau rejetée pollue-t-elle la nappe ?

Non : l’eau ne fait que traverser un échangeur, sans contact avec le fluide frigorigène, et repart dans la même nappe quelques degrés plus froide. Le puits de rejet est placé pour ne pas refroidir le captage.

Quelle aide pour une PAC eau/eau ?

Le barème MaPrimeRénov’ de la géothermie, jusqu’à 11 000 € selon les revenus, plus la prime CEE de la fiche BAR-TH-172 en remplacement d’une chaudière fossile, et la TVA à 5,5 %.

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