Consommation d’une pompe à chaleur : COP, SCOP, ETAS et le calcul qui compte vraiment
Chiffres relus le 11 septembre 2026. Une pompe à chaleur ne produit pas de chaleur, elle la déplace : l’électricité sert au compresseur, la chaleur vient de l’air, du sol ou de l’eau. Le rapport entre chaleur fournie et électricité consommée est le cœur du sujet, et il porte trois noms selon la façon de le mesurer.
COP, SCOP, ETAS : trois mesures du même rendement
| Indicateur | Ce qu’il mesure | Où le trouver | Ce qu’il vaut |
|---|---|---|---|
| COP (coefficient de performance) | Le rendement à un instant donné, dans des conditions fixes, le plus souvent +7 °C d’air extérieur et 35 °C d’eau | Brochures, fiches techniques | Utile pour comparer deux machines dans les mêmes conditions, inutile pour prévoir une facture |
| SCOP (COP saisonnier) | Le rendement moyen sur une saison de chauffe type, pour une zone climatique (« moyenne » = Strasbourg dans la norme) et une température d’eau donnée | Fiche produit, étiquette énergie | Bien plus proche de la réalité ; à lire à la température d’eau de votre installation |
| ETAS (efficacité énergétique saisonnière) | Le SCOP converti en pourcentage et corrigé du rendement de production de l’électricité | Fiche produit, devis, dossier MaPrimeRénov’ | C’est le critère des aides : au moins 126 % en basse température, 111 % en moyenne et haute température |
Une machine annoncée « COP 5 » peut avoir un SCOP de 3,5 en moyenne température : les deux chiffres sont vrais, ils ne mesurent pas la même chose.
Ce qui fait varier le rendement chez vous
- La température d’eau : chaque degré de moins à produire améliore le rendement. Plancher chauffant à 35 °C et radiateurs à 55 °C ne consomment pas pareil ; voir notre guide sur les émetteurs.
- Le climat : plus l’air est froid, plus la PAC sur air travaille ; le SCOP « climat froid » d’une fiche produit est plus bas que le « climat moyen ». La géothermie échappe à cet effet.
- Le dimensionnement et le réglage : cycles courts, loi d’eau trop haute, consigne d’eau chaude à 60 °C en permanence, tout cela fait tomber le rendement réel bien sous le SCOP de la fiche. Voir le dimensionnement.
- L’eau chaude sanitaire : produite à 50 ou 55 °C, elle se fait avec un rendement inférieur au chauffage ; sa part dans la consommation augmente dans une maison bien isolée.
- Les auxiliaires : circulateur, résistance d’appoint, dégivrages. Ils comptent dans la facture, pas toujours dans le COP.
Le calcul en trois lignes
- Vos besoins de chauffage en kWh de chaleur par an. Ils se lisent sur vos factures actuelles : litres de fioul × 10, ou kWh de gaz, multipliés par le rendement de la chaudière (autour de 0,8 pour une chaudière ancienne, 0,9 à 0,95 pour une condensation). Une maison de 110 m² des années 1980 non rénovée se situe souvent entre 15 000 et 20 000 kWh de chaleur par an ; la même isolée, entre 8 000 et 12 000.
- Le SCOP réaliste de l’installation : celui de la fiche à la température d’eau de vos émetteurs, minoré si vous êtes en zone froide. Entre 3 et 4 pour une air/eau bien installée, plus pour une géothermie.
- La consommation électrique = besoins ÷ SCOP. Pour 15 000 kWh de besoins et un SCOP de 3,3 : environ 4 500 kWh d’électricité par an, auxquels s’ajoute l’eau chaude sanitaire.
Multipliez par votre prix du kWh, abonnement compris, pour obtenir la facture. Comparez à la facture actuelle pour mesurer l’économie : notre guide sur le remplacement d’une chaudière gaz fait ce calcul avec les prix de l’énergie.
L’abonnement électrique
Une PAC air/eau de 8 à 12 kW appelle, avec sa résistance d’appoint, une puissance qui peut dépasser un abonnement de 6 kVA. L’installateur vérifie la puissance souscrite et le tableau électrique ; passer de 6 à 9 kVA a un coût annuel modeste mais réel, à inclure dans le calcul. Les modèles à démarrage progressif limitent l’appel de puissance.
Lire un devis avec ces chiffres
- L’ETAS figure sur le devis et sur la fiche produit, à la température d’eau prévue : c’est ce que vérifiera l’Anah.
- Le SCOP à la même température, dans la zone climatique la plus proche de la vôtre.
- La puissance à −7 °C, pour vérifier la couverture des déperditions.
- La consigne d’eau chaude et le mode de production prévus.
Un installateur qui promet une facture « divisée par trois » sans avoir vu vos factures ni calculé les déperditions promet un chiffre qu’il ne peut pas connaître.
Sources
- Union européenne, règlement (UE) 811/2013 sur l’étiquetage énergétique des dispositifs de chauffage (définitions du SCOP et de l’ETAS, zones climatiques).
- Anah, Les aides financières en 2026, pages 16 à 18 (seuils d’ETAS).
- ADEME, Se chauffer avec une pompe à chaleur.
- Commission de régulation de l’énergie, Observatoire des marchés de détail (prix de l’électricité et du gaz).