Entretien obligatoire d’une pompe à chaleur : tous les deux ans, par qui, avec quelle attestation
Chiffres relus le 11 septembre 2026. Depuis le 1er juillet 2020, l’entretien des pompes à chaleur n’est plus une recommandation : c’est une obligation réglementaire, comme pour les chaudières, avec un contenu de visite précis et une attestation. Elle vise autant la sécurité et l’environnement (fluides frigorigènes) que le rendement, qui chute sur une machine négligée.
Qui est concerné
Toutes les pompes à chaleur dont la puissance nominale est comprise entre 4 kW et 70 kW, quel que soit le type : air/eau, air/air (climatisation réversible comprise), géothermique, eau/eau, hybride pour sa partie thermodynamique. Cela couvre la quasi-totalité des installations domestiques. Au-delà de 70 kW, un autre régime s’applique (inspection périodique des systèmes de climatisation).
L’obligation pèse sur l’occupant du logement, propriétaire ou locataire ; en location, l’entretien courant relève du locataire, sauf clause contraire du bail. Pour une PAC collective, c’est le syndicat de copropriété.
À quelle fréquence
Tous les deux ans au maximum. La première visite a lieu au plus tard deux ans après la mise en service. Les constructeurs recommandent le plus souvent une visite annuelle, et leurs conditions de prise en charge l’exigent parfois : le minimum réglementaire n’est pas toujours le bon rythme pour préserver la couverture constructeur.
Ce que contient la visite
L’arrêté fixe le contenu minimal :
- Vérification de l’étanchéité du circuit frigorifique et, selon la charge de fluide, contrôle réglementaire des fuites (voir plus bas).
- Nettoyage des échangeurs, filtres et, pour l’air/air, des unités intérieures.
- Contrôle des paramètres de fonctionnement : pressions, températures, intensités, débits ; vérification des organes de sécurité.
- Vérification des réglages et conseils d’optimisation : loi d’eau, consignes, programmation, usage.
- Évaluation de l’efficacité et, le cas échéant, recommandation de remplacement ou d’amélioration.
Concrètement, comptez une à deux heures pour une air/eau, davantage pour un multisplit avec plusieurs unités intérieures.
Qui peut la faire
Un professionnel disposant de l’attestation de capacité pour la manipulation des fluides frigorigènes (catégorie adaptée) quand l’intervention touche au circuit frigorifique, ce qui est le cas du contrôle d’étanchéité. Dans la pratique : un installateur ou un chauffagiste-frigoriste. L’installateur d’origine n’est pas obligatoire, mais il connaît les réglages. La qualification RGE n’est pas exigée pour l’entretien, elle l’est pour les travaux aidés.
L’attestation
Le professionnel remet une attestation d’entretien dans les quinze jours suivant la visite. Elle mentionne les points contrôlés, les résultats et les conseils. Conservez-la avec la facture d’installation : elle est demandée par le constructeur en cas de prise en charge, par l’assureur en cas de sinistre, et par le propriétaire si vous êtes locataire. En location, le locataire la transmet au bailleur sur demande.
Les fluides frigorigènes : le contrôle qui s’ajoute
La réglementation européenne sur les gaz fluorés impose un contrôle d’étanchéité périodique aux équipements dont la charge de fluide dépasse l’équivalent de 5 tonnes de CO₂. Pour une PAC domestique au R32, ce seuil correspond à plus de 7 kg de fluide : la plupart des machines individuelles sont en dessous et ne relèvent que de la vérification d’étanchéité de l’entretien biennal. Les grosses machines au R410A peuvent le dépasser ; le professionnel le sait à partir de la plaque signalétique. Les modèles au propane (R290) ne sont pas concernés par ce contrôle.
Ce que vous risquez sans entretien
- La perte des prolongations de prise en charge du constructeur, presque toujours conditionnées à l’entretien attesté.
- Une baisse de rendement progressive : échangeur encrassé, charge de fluide en baisse, réglages dérivés. Les visites constatent couramment des écarts de consommation à deux chiffres entre une machine entretenue et une machine laissée trois ou quatre ans.
- Une difficulté avec l’assureur en cas de sinistre lié à l’installation.
- Il n’existe pas d’amende spécifique prévue par le décret pour un particulier, mais l’absence d’entretien peut être opposée par le bailleur, l’assureur ou le constructeur.
Entretien obligatoire et contrat d’entretien
L’obligation est une visite tous les deux ans ; le contrat d’entretien est un service commercial qui l’inclut et y ajoute souvent une visite annuelle, le dépannage et des pièces. Notre guide sur le contrat d’entretien explique ce qu’il vaut la peine d’y mettre.
Sources
- Légifrance, décret n° 2020-912 du 28 juillet 2020 relatif à l’entretien, au contrôle et à l’inspection des systèmes thermodynamiques.
- Légifrance, arrêté du 24 juillet 2020 relatif à l’entretien des systèmes thermodynamiques dont la puissance nominale est comprise entre 4 et 70 kW.
- Légifrance, articles R224-41-4 et suivants du code de l’environnement.
- Union européenne, règlement (UE) 2024/573 sur les gaz à effet de serre fluorés (contrôles d’étanchéité).
- Service-public, Entretien d’une pompe à chaleur.